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La souffrance ne doit plus prier seule

  • Photo du rédacteur: MUNTU - MONDO
    MUNTU - MONDO
  • 14 nov. 2025
  • 4 min de lecture

Quand nos églises se taisent, nos jeunes portent seuls des fardeaux qu’aucun cœur ne devrait porter.


Une jeunesse qui avance sous un poids invisible

Dans de nombreuses églises du Grand Montréal, les jeunes noirs avancent sous un poids invisible. Une charge raciale, sociale et familiale qui écrase les épaules et étouffe le souffle intérieur. Malgré tout, ils franchissent les portes de nos assemblées avec l’espoir d’y trouver refuge, paix, guidance et amour. Pourtant, trop souvent, ils y rencontrent un silence épais, un silence qui recouvre leurs blessures sans les traiter, où la prière devient un pansement posé sur une plaie encore ouverte, une plaie qui n’a jamais été accueillie par l’écoute.


Quand l’église se tait, la douleur devient clandestine

Nos églises devraient être des sanctuaires pour des âmes fatiguées. Mais pour plusieurs jeunes, elles deviennent des lieux où l’on craint d’être observé, jugé, commenté. Ce qui blesse dehors pénètre trop facilement l’intérieur tel que les préjugés, les attentes irréalistes, les commérages, les pressions morales. Face à cela, beaucoup prient mais se taisent, espèrent mais s’effondrent intérieurement. Ils désirent vivre une foi authentique, vivante, libératrice, mais se heurtent à des regards qui ne voient pas leur détresse et à des oreilles qui n’entendent pas leur appel.



Dieu guérit, Dieu délivre et Il agit aussi à travers les humains

Je l’affirme avec conviction, foi et respect, Dieu guérit. Je suis témoin de Sa puissance. J’ai vu Sa main dans ma vie, dans celle de mes proches, dans celle de jeunes qui avaient perdu l’espoir. Oui, Dieu travaille dans l’impossible et rend possible ce que l’humanité pense perdu. Il restaure les cœurs, libère les esprits, relève les personnes brisées. Mais j’ai aussi vu Dieu agir par la présence humaine, par une psychologue qui pose la bonne question, par un intervenant qui écoute, par un travailleur social qui accompagne, par un thérapeute qui accueille sans juger. Dieu n’est pas limité dans Ses moyens. Il agit par l’Esprit, mais aussi par l’expertise humaine. Il délivre par la prière, mais aussi par l’alliance avec celles et ceux qu’Il a équipés pour soigner les âmes et les esprits. Beaucoup de jeunes vivent avec une douleur qu’ils n’osent pas partager, parce qu’ils ne veulent pas inquiéter leur famille, parce qu’ils craignent le jugement de la communauté, ou parce qu’ils ont appris que « Dieu s’occupe de tout » comme si Dieu n’avait pas aussi donné à l’humanité les moyens d’aider et de guérir.


Aujourd’hui, les données sont sans appel, les jeunes hommes noirs sont parmi les plus touchés par les troubles de santé mentale, plus isolés, plus surveillés, moins compris. Mais derrière chaque chiffre, il y a un être créé à l’image de Dieu. Un fils, un frère, un ami, un jeune leader, un être précieux qui ne sait plus où trouver l’écoute dont il a besoin. Cette situation n’est pas seulement une crise individuelle c’est une urgence collective qui interpelle nos familles, nos églises, nos associations, nos organisations noires francophones et anglophones. Si nous voulons assurer la place pleine et entière des communautés noires dans le développement du Canada, nous devons commencer par protéger ceux qui porteront l’avenir nos jeunes.


Comme le disait Amadou Hampâté Bâ, chaque être humain est une bibliothèque. Mais comment lire les pages d’un cœur si personne ne prend le temps de les ouvrir ? Comment guérir un peuple si son âme la plus jeune se fane dans le silence ? Comment avancer vers la liberté intérieure, celle dont parlait Mandela, si la souffrance reste enfermée dans les tiroirs de nos églises et de nos maisons ? La spiritualité est une boussole qui oriente, mais la guérison exige aussi la parole, l’écoute, l’expertise, et le courage de briser les tabous. Ce n’est pas opposer foi et science, mais unir foi, intelligence et compassion au service de la vie.


Il est temps que nos pasteurs, nos leaders religieux et nos responsables communautaires se lèvent avec compassion et lucidité. Non pas pour juger, mais pour comprendre. Non pas pour exiger le silence, mais pour libérer la parole. Non pas pour détourner le regard, mais pour affirmer clairement que la santé mentale est une dimension sacrée de la dignité humaine, une dimension que Dieu Lui-même nous demande de préserver. Une église qui écoute devient refuge. Une église qui accompagne devient famille. Une église qui comprend devient un lieu de guérison.


Parce qu’une communauté qui ignore la douleur de ses enfants finit par la voir exploser ailleurs. Parce qu’un peuple qui prend soin de sa jeunesse honore Dieu, prépare son avenir et construit sa victoire. Aujourd’hui, j’appelle à un mouvement collectif. Que nos églises deviennent des lieux où l’on prie, mais où l’on écoute aussi. Que nos familles apprennent à reconnaître la détresse. Que nos professionnels noirs de la santé mentale continuent de tendre la main avec excellence, humilité et amour. Et que nos jeunes sachent qu’ils n’ont pas à porter seuls ce qu’ils n’ont jamais choisi de porter.


Guérir est un acte de foi. Parler est un acte de courage. Demander de l’aide est un acte de dignité. Pour que nos jeunes vivent, pour que nos communautés se relèvent, et pour que nos églises deviennent des espaces où Dieu fait l’impossible et où nos mains humaines deviennent Ses instruments.


Yahya


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